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 Regard de Nathalie Israëlian sur l'Arménie
"Impressions d'Arménie"
  

"22h – 22h30 à Erevan, enfin il fait frais, on cherche un taxi, une vieille voiture blanche,  je suis incapable de vous donner la marque mais chez nous il s’agirait d’une voiture de collection,  j appuie sur le petit bouton de la poignée comme s’il s’agissait d’un jouet, je rentre aux côtés d’Anya et Irina, les membres de la famille qui m’accueille. Tous les sièges sont recouverts de couvertures, les dossiers sont bas, le chauffeur nous demande où l’on va. Davtachen. Et au bout de quelques minutes, il allume la petite lumière et ouvre la vieille boite à gant pour en sortir des sacs de bonbons et de gâteaux.  Malgré tout ce que j’ai mangé dans la journée je ne peux refuser. « Mersi » (orthographié à l’arménienne).  La voiture a un peu de mal à avancer. Coups de klaxon. On frôle les autres voitures. La sensation est celle d’être dans un grand manège ! Et que ça tourne ! 
L’Arménie, petit bout de terre, là bas vers l’est, pays de l’utopie pour nombreux des Arméniens de la diaspora. Pays de mon utopie, impossibilité d’imaginer ma vie sans être allé voir là bas, sur ce petit bout de terre comment les journées se déroulent…
Les impressions de voyage sont multiples, complexes, encore non assimilées, à chaud ce sont quelques images choisies que je partagerai. 
Dire bien sûr que l’Ararat, je l’ai cherché des yeux dès la première seconde… La montagne mythique, l’incarnation de l’utopie, mais les brûlants mois d’été et leurs brumes de chaleur l’ont longtemps dissimulé  jalousement. Et un matin, sans prêter garde j’ai oublié de le chercher…
Les premiers jours, appréhender le nouveau rythme, l’Orient et sa circulation chaotique, écouter une autre langue, s’habituer à de nouvelles intonations de voix, être incapable de lire la destination des transports publics, monter dans un marchoutka (petit fourgon servant de transport public) que l’on m’aura indiqué, serrés les uns contre les autres, regarder chaque visage avec attention, retrouver les traits des membres de ma famille, respirer autrement, profondément  comme dans chaque ailleurs. Puis viennent les premières rencontres, les sorties dans les bars de la moderne Erevan, la vue de ces jeunes filles très minces, à talons très hauts, la vue de ces mémés, la nuit, fichu sur la tête qui balaient inlassablement les rues.  Et se croisent les regards… depuis le premier je n’ai cessé d’être happée par les regards arméniens, des yeux d’une couleur et d’une 
profondeur encore indicibles pour moi. 
Puis les départs vers la campagne, vers les montagnes, vers les forêts, parcourir la terre des pierres, Karastan et rencontrer ces femmes et hommes « qui sont leurs montagnes ».
Les images sont multiples, Kapan et son orphelinat, les rires des enfants, l’émotion des jeunes Français du groupe face à cette réalité, la surprise des habitants de nous voir là, des mots échangés, musique  incompréhensible à nos oreilles… Partager alors par les gestes, le toucher, l’émotion…
Cette vieille dame, ce matin-là, qui balayait devant sa porte et qui les yeux humides d’avoir tant affronté le soleil m’a parlé de belles minutes durant, pointant les montagnes alentours… Poésie de l’incompréhension, se concentrer alors seulement sur la musicalité d’un échange.
Les monastères bien-sûr, d’une incroyable beauté,  Haghpat, Sanahin, Odzun, Noravank, Gochavank pour n’en citer que quelques uns. Lieux purs, simples, puissants. Je reste fascinée, à chaque fois bouche bée devant ces milliers d’inscriptions gravées, des murs entiers couverts d’écritures, inscrire dans la pierre sans cesse.  Puis les khatchkars bien sûr, croix de pierre, arbres de vie, indissociables de ces univers religieux.
La route vers le sud, que j’aime tellement, route vers l’Iran, vers le Haut-Karabagh, route qui symbolise pour moi la traversée, sur cette route je me sens parcourir le corps de cette Arménie. La voir sous le soleil brûlant, la voir sous les timides premières neiges. Toujours guetter Sissian et le site de Karahoundje, où se dressent  d’immenses pierres  trouées, il y a des millénaires on y observait les étoiles…
Puis au bout de cette route, l’Artsakh, mieux connu sous le nom de Haut-Karabagh, terre de montagnes superbes, terre meurtrie par la guerre de 1988 à 1994 contre l’Azerbaïdjan et qui est aujourd’hui sous cessez-le feu. J’ai compris là bas, physiquement, que la première des libertés est celle de pouvoir marcher sereinement sur un sol sans avoir peur que celui-ci n’explose sous nos pas pour cause de mines. Guidée par l’association Halo Trust qui s’occupe du déminage de la région, j’ai rencontré des hommes qui depuis des années font des petits trous dans la terre tous les 10 cm. J’ai voulu imaginer leur rapport au sol…
J’ai ressenti si fort, de nouveau, ces utopies de territoires.
J’ai ri au marché avec des papis et mamies qui portent la beauté et la difficulté de vivre dans chacun de leurs gestes et de leurs regards. Des hommes et des femmes qui se lèvent le matin au village puis viennent au marché de Stepanakert dans l’espoir de vendre les quelques bouquets d’herbes, pommes de terre, bouteilles de lait qu’ils ont transporté avec eux.

 J’ai tellement ri, tant parlé  avec mes amies, jeunes arméniennes qui sont d’une innocence, au sens noble, dont je ne pouvais soupçonner l’existence.  J’ai passé de longs moments au soleil assise dans la rue Paruyr Sevak de Stepanakert avec les habitants et enfants du quartier. J’ai goûté là à mon arménité qui se révèle peu à peu, qui se révèle à chaque fois que je parviens à échanger quelques mots dans cette langue.
J’ai écouté avec le cœur surtout, les récits de la guerre, avec la voix, on en parle très peu.
J’ai touché les murs d’écriture de Dadivank, simplement envie d’enserrer ce petit monastère du nord du Karabagh qui incarne l’équilibre, la simple beauté… 
L’Arménie est une terre de limites.

Autre voyage, autres horizons, aller voir Ani, passer le poste frontière arménien, pour pouvoir approcher la capitale médiévale arménienne aux mille églises, pouvoir presque la toucher… Entrevoir les silhouettes des visiteurs qui entrent et sortent de la cathédrale d’Ani, tendre les bras, trop courts. Les jambes dans le vide nous ne pouvons à cet instant que parcourir du regard avec une concentration quasi religieuse cette immense plaine, là, en face, sur cette terre turque. Acte minutieux pour se souvenir de chaque courbe de ce territoire. Acte minutieux pour éviter que les larmes ne viennent. 
       
Vivre ici c’est aussi découvrir la réalité économique, géopolitique d’un territoire, la vie des gens au quotidien, leurs illusions, leurs désillusions, leurs quêtes, leurs visions de l’Orient, leurs visions de l’Occident, leurs espoirs, leurs envies…
Et puis, par un frais matin, avec surprise, l’apercevoir, majestueux et brillant, il a neigé la nuit dernière, l’Ararat est là, immense, lumineux, il semble veiller sur nous. Peut-être même que d’un coté comme de l’autre, au gré des vents il murmure une ode à la rêverie, à l’utopie… "

Voyage culturel en Armenie

 

 

 

 

 

Voyage culturel en Armenie

 

 

 

 

Voyage culturel en Armenie

 

 

 

 

 

 

 

Voyage culturel en Armenie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nathalie Israelian, diplômée d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, conférencière Océanides

     
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Un regard plein d'humour de Gérard Gensane sur le voyage  

 

"La planète s’autodétruit, le percepteur t’assassine, ton garagiste te gruge, ton pouvoir d’achat s’étiole et Madoff t’a achevé alors qu’Omar ne t’avait pas tuer ! Pourtant Océanides te vide encore les poches en te faisant miroiter une alouette au bout du monde !
…Mais, non, tu ne peux te plaindre :
Toi qui voyages si loin et si souvent avec Océanides, et qui ne redoutes rien autant que les aléas du voyage aérien ou l’inconfort du trajet en autocar, sais-tu à quoi tu as échappé en voyageant aujourd’hui plutôt qu’au temps où le mot « voyage » s’est créé?
Etymologiquement le voyage n’est autre que le trajet effectué à cheval ou à bord d’un engin tiré par un cheval. C’est le sens du verbe latin vehere. Et encore ce trajet s’effectuait-il par une via (dérivé de vehia) désignant une route large, utilisée pour les chevaux et les chariots.
Pour faire cette route si hasardeuse, le voyageur disposait d’un viaticum, c’est-à-dire des provisions de route (via / ticum). Et dans la langue populaire (effet de la démocratisation du voyage, déjà ?) ce mot est devenu veïatge, puis veyage et enfin voyage.
Toi qui voyages, imagine donc quel serait ton sort si tu ne devais emprunter que des via, avec un (maigre) viatique, toi qui pestes contre une législation qui limite à 20 kg le poids de tes culottes et chaussettes et qui t’empêche de prendre en cabine ta fiole de shampooing et ta crème à bronzer!
Et sais-tu à quelle dénomination tu as échappé, toi qui parcours le monde, de capitale étrangère en site classé par l’Unesco, hein ? Et bien tu devrais t’appeler pèlerin puisque celui qui, littéralement, passe à travers un pays était le per / egrinus. 
Mais ce peregrinus, devenu pelerinus, puis pèlerin, tu ne dois pas l’envier non plus, car comme lui tu voyagerais habillé de ta simple pèlerine, où tu ne saurais fourrer ni ta carte bleue, ni tes kleenex.
Alors comment peux-tu déplorer les attentes interminables dans les aéroports, les jambes qui s’ankylosent dans les autocars, les chemises qui se froissent dans les valises, la tourista qui t’inonde comme une diaspora et les toilettes minables sur un haut-plateau Ethiopien ?
Aurais-tu préféré faire Rome-Narbonne en 8 semaines, avec un détour par Orange pour éviter les Cimbres et les Teutons campant à Fréjus, et pisser dans le Rhône du haut de ton chariot, entre 2 cahots, racketté par un Gaulois Tectosage chevelu shooté au gui, pour finir couché sur ton amphore de vinum bonum de peur qu’un Biterrois revanchard ne te la vide, nuitamment?                                            
Allez, courage et voyage !"

 Gérard Gensane,
Professeur de Lettres Classiques retraité, mais guide en activité.

 

 

     
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Regard d'Amélie Heude sur l'Irlande
"L'Irlande, une île
faite de lumière et de musique"

 

"Musique de la pluie sur la pierre ancestrale de Newgrange.
Lumière aveuglante du soleil après cette pluie.

Musique du Bodhran et de la Tin Whistle dans l’ambiance maltée du pub.
Lumière des projecteurs sur les courses nocturnes de lévriers.

Musique des chaussures qui claquent sur le plancher des danses traditionnelles.
Lumière intemporelle sur la roche des falaises de Moher.

Mon regard se pose sur l’Irlande comme le regard d’un enfant se pose sur une belle image, rassurante, envoutante par les histoires qu’elle raconte. Celles d’un peuple qui a du se battre pour survivre et qui a gagné dans ses affrontements cette richesse culturelle et cette joie des petites choses de la vie si communicative.

L’Histoire de ce pays est faite de douleurs et de répression, religieuse, politique, mais aussi de musique, de tradition, de légendes, si ancrées qu’elles donnent à l’Irlande son identité.

On ne quitte jamais complètement l’Irlande, elle laisse en vous une petite marque indélébile, un son de harpe, une odeur de tourbe, la vue enchanteresse d’un monastère oublié, une rue bruyante de Dublin, une haie de fuchsias au milieu du Kerry, un tournoi de Hurling, les brumes inquiétantes sur les énormes falaises du Cap de Mizen Head…

 

voyage culturel en Irlande

voyage culturel en Irlande

voyage culturel en Irlande

voyage culturel en Irlande

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Amélie Heude, responsable de la destination
« Iles Britanniques » chez Océanides et CJO

     
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Regard de Jennifer Maczuha
  sur 
la tombe d'Amon Her-Kepchef 

dossier culturel, egypte 

"Au cœur de la Vallée des Reines, sur la rive occidentale du Nil, face à Louxor, dans les entrailles des montagnes rocheuses aux ocres baignées de soleil, se trouve une merveille de la nécropole thébaine : la tombe du prince Amon her-Khepchef, fils de Ramsès III. Après un contraste saisissant entre la lumière aveuglante de la Vallée des Morts et le sombre couloir qui mène à la tombe de l’enfant, c’est un chatoiement de couleurs qui irradie les yeux de celui qui pénètre dans cette chambre funéraire. Ici, l’originalité des scènes peintes pleines de vie réside dans la représentation du Pharaon quittant le monde des vivants pour accompagner son fils défunt dans la mort, afin de le présenter et de l’initier à chaque divinité. Devant Isis, Osiris, Anubis, le jeune prince, reconnaissable à la mèche de l’enfance, est à chaque instant précédé de son père. Les attitudes émouvantes, les mains des deux personnages qui se joignent tout en délicatesse, la fraîcheur des coloris rendent ces scènes bouleversantes et ne peuvent laisser indifférent. Nul besoin d’image photographique pour garder en mémoire le souvenir de ce jeune prince disparu il y a 3000 ans. La vie éternelle selon la conception égyptienne s’incarne ici dans toute sa splendeur."

 Jennifer Maczuha,
Diplômée en Archéologie et en Lettres classiques, rédactrice de la newsletter et des programmes Océanides.
  

     
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 Regard d'Andrée Delaris
  sur 
l'Ethiopie
"un autre temps, un autre monde"
 

 

 

"Qu'elle était verte l'Ethiopie, après la saison des pluies. Là bas si loin, à 2400 m un long défilé de religieuses et religieux se met en marche, au son des sistres et des tambours. Nous sommes à Adis Abeba en ce 26 septembre 2009 pour la fête de Meskal qui commémore la vraie croix retrouvée par Helène, la mère de l'empereur Constantin, au 4 ème siècle : témoignage de la foi sous influence coptesi présente ici.

Sur la route du nord historique, d'immenses paysages , de hauts plateaux à couper le souffle ( l'altitude y contribue ) à perte de vue des cultures, des huttes , et soudain sur le chemin, des hommes, longues grappes humaines , se dirigent vers le marché.

Près du lac Tana, parmi les caféiers, une église ronde à l'iconographie naïve, personnages de la Bible aux grands yeux noirs semblant nous fixer, sur la piste qui nous conduit aux chutes du Nil, la vie de tous les jours, le laboureur et ses boeufs, des femmes élançées aux coiffures tressées chargées de ballots, des enfants au sourire charmant, tenayestilign (bonjour), des hommes dignes.

Enfin, les chutes du Nil, immenses flots nourissant le Nil depuis des millénaires qui donnèrent la vie à l'une des plus anciennes civilisations de notre planète, émotion !!

Au rythme de la musique Azmari ,des heures de piste, et enfin la ville d'Axoum, patrie de la reine de Saba...voyage au coeur des légendes, et à la cour du roi Salomon à Jérusalem, où elle succomba..
Stèles dressées d'un autre temps lointain , chapelle près de Ste Marie de Sion où est cachée l'arche d'alliance rapportée par Ménélik, fils de Makeda, reine de Saba au retour de la visite à son père Salomon.

Encore la piste et les églises du Tigré perdues dans  des lieux isolés , alors au soleil couchant voici Lalibela . Ici vivait un roi du nom de Lalibela qui un jour décida de construire la Jérusalem noire, églises creusées dans le tuf, bieta Gabriel et la tombe d'Adam voici le Jourdain et saint Georges construite grâce au saint et aux anges qui travaillèrent dur, légendes, syncrétisme, force de la foi. Partout les prêtres parés de leur manteau tenant le long baton et la croix nous attendaient.

voyage culturel en Ethiopie

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Un autre monde, un  autre temps, amasseguenalow (merci ) à vous gens de là bas ."

A DELARIS, professeur d'histoire et guide pour OCEANIDES

     
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Regard de Dominique Lardet
  sur
le chemin de Monodendri

chemin-de-monodendri.jpg

« Ce chemin est à parcourir…
Par le travers de Monodendri, village du Nord de la Grèce ou de tous les pays de pierres, de montagnes, de rudes contraintes ?

Chemin pour le passage des gamins vers l’école, d’un berger vers les collines, de celui qui s’en va pour ne plus revenir, pour celui qui revient …

Pour nous qui aimons aimer, les autres, les ailleurs, les autrements, le travail nécessaire, bien fait, élégant.

Un chemin à parcourir de pierres ou d’esprit, où l’on peut trébucher, saluer un chat qui somnole au soleil, s’étonner de fleurs qui s’acharnent à pousser là, sans renoncer jamais !"

Dominique Lardet

 

     
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