J1. Jeudi 22 mars. Marseille / Malaga
Rendez-vous à l’aéroport de Marseille et vol à destination de Malaga (avec ou sans escale). Arrivée à l’aéroport de Malaga. Accueil par notre guide-accompagnateur francophone.
Route vers le cœur de l’Andalousie et découverte de l’univers des bandoleros, tout comme l’archéologue de Mérimée, qui au début du roman, rencontre le bandolero Don José. Visite de l’église de Alameda, où est enterré dans le patio José Maria El Tempranillo, le plus mythique des bandits andalous, avec lui disparaît le prototype du bandit généreux et justicier, qui vole aux riches pour distribuer aux pauvres, évitant la violence ou la goujaterie.
« Ah Madame, une si belle main n’a pas besoin d’ornement. »
Dîner et nuit dans une célèbre et typique auberge.
Pas à pas, elle nous montre la vie du « Roi de la Sierra Morena » et l’Andalousie du début du XIXe siècle. Des temps difficiles pour les familles paysannes : une guerre contre l’envahisseur français, l’instabilité politique, l’analphabétisme et surtout la faim.
J2. Vendredi 23 mars. Grenade
Route vers Grenade.
L’arrivée à Grenade, ville mythique et rebelle, est toujours un moment chargé d’émotions. Ville musulmane durant le VIIIe siècle, elle vit son apogée au XVe siècle avec la construction des Palais de l’Alhambra et des Jardins du Generalife. Malgré leurs tentatives d’en faire une ville chrétienne, les Rois Catholiques n’ont pu faire disparaître sous les églises, couvents et monastères, l’essence même de Grenade où règne toujours une atmosphère exotique, orientale. “Femme, donne-lui une aumône car il n’y a pas de peine plus grande à Grenade que celle d’être aveugle”.
Début de la visite de Grenade par son quartier le plus pittoresque : le Sacromonte et ses maisons troglodytes. (Prévoir des chaussures commodes pour la marche). La demeure la plus utilisée par les hommes a été pendant des millénaires, l’intérieur des grottes. En Andalousie, et uniquement dans la province de Grenade, la civilisation musulmane va octroyer à la grotte le statut de « construction ». Aux XIe et XIIe siècles, elles deviennent le refuge des Mozarabes ou des pauvres. A la fin du XVe siècle, après la reconquête chrétienne, il y a un exode massif des Moriscos, bannis des grandes médinas comme Grenade. Ils occupent les grottes médiévales abandonnées et en creusent de nouvelles. Le phénomène prend des dimensions urbaines. L’autre grande période d’expansion se produit à la fin du XIXe et début du XXe siècle, parallèlement aux explosions démographiques, migratoires ou économiques. Les industries agricole et sucrière de Guadix et Baza attirent une population modeste à la recherche d’un logement bon marché qui s’adapte à leur mode de vie traditionnel et de besoin d’espaces (silos, écurie, cour...). Tout au long du XXe, les grottes évoluent, deviennent plus confortables et pratiques.
La « Montagne Sacrée », en face de l’Alhambra et au pied de la rivière Darro, est depuis le XVIe siècle peuplée de gitans, arrivés avec les troupes des Rois Catholiques en tant que forgerons. Refuge idéal en dehors des murs de la ville pour un peuple hors normes, sur la route du pèlerinage à l’Abbaye du Sacromonte. Y résident artisans et artistes qui se consacrent au flamenco et ont donné naissance à la Zambra, vieille danse qui met en scène la noce gitane.
Découverte inédite de la construction, mode de vie et personnages du quartier.
Ensuite promenade dans le pittoresque quartier de l‘Albayzin pour terminer dans le « Zacatin », ancien souk toujours rempli des marchands mentionnés par Mérimée.
Déjeuner au restaurant.
L’après-midi : visite guidée de la forteresse de l’Alhambra, glorieux paradis terrestre où régnèrent les Rois maures de la dynastie Nasride. C’est là qu’ils s’accrochèrent en dernier lieu pour sauver leur pouvoir en Espagne. Les Palais Nasrides (palais d’hiver), la Alcazaba, le Generalife, le « Jardin des Elevés », ancienne résidence d’été. Après la Reconquête Chrétienne en 1492, furent construits le Palais de Charles-Quint, une église, un couvent et posadas. L’Alhambra fut visitée par les successeurs des Rois Catholiques avant d‘être abandonnée. Peu à peu, gitans, voleurs, bandits s’y installèrent avant son occupation par les troupes de Napoléon. Grâce à la sensibilité des Français, l’Alhambra fut peu à peu restaurée pour devenir un Monument National. Un autre écrivain romantique célèbre, Washington Irving y résida plusieurs mois et rédigea un livre, « Les contes de l’Alhambra ». Entre rêve et réalité, vous serez transportés à travers cet ensemble de palais et jardins où les fontaines jaillissent de toutes parts.
Soirée dîner-tapas et flamenco dans une grotte du Sacramonte avec spectacle et promenade nocturne dans l’Albayzin.
Nuit à l’hôtel.
J3. Samedi 24 mars. Grenade – Cordoue – Séville
La route vers Cordoue nous plonge dans une mer d’oliviers parsemée de quelques vieux châteaux qui contemplent la Sierra Morena et les monts de la Subbetica.
Passage par le Pont Romain, la rive droite du fleuve Guadalquivir. Mérimée y évoque si bien le spectacle des bains des femmes à l’Angélus. C’est ici aussi, que le narrateur de sa nouvelle, rencontre un soir « Carmencita ». Il retrouvera plus tard Don José en prison qui, la veille de son exécution, lui dévoile la triste aventure de son amour fatal pour Carmen.
Déjeuner au restaurant (spécialités).
Cordoue fut « l’antique capitale des Princes musulmans » d’Al-Andalus. Au Moyen-Âge, aucune ville d’Occident n’égalait la capitale du Califat Al-Andalus, tant pour sa culture, son niveau de vie, sa richesse, ses savants que pour le raffinement et les fastes de la vie royale.
Visite guidée de la ville : la Mosquée-Cathédrale, la plus grande mosquée du monde après la Mecque. Elle fut commencée au VIIIe siècle et terminée au Xe siècle. Après la reconquête chrétienne en 1236, une cathédrale baroque fut construite au milieu de la Mosquée. Ensuite, promenade dans la Juderia, quartier qui abrite de très belles églises et une synagogue du XVe siècle.
Route vers Séville. Installation à l’hôtel.
Dîner et nuit à l’hôtel.
J4. Dimanche 25 mars. Séville
Séville est la ville de Carmen par excellence. Elle est la scène de l’Opéra de Bizet. Don José, le brigadier, y tombe fou amoureux de la Gitanilla qui travaille à la Manufacture de Tabac. Ce périple amène ce matin à la « rue du Serpent » où Carmen achète « tout ce qu’il y avait de plus beau et de plus cher, yemas, turrón, fruits confits, tant que l’argent dura », à la rue du Candilejo et la légende de la tête du roi Don Pedro et à l’arène de la Real Maestranza où se déroule le 4e acte de l’opéra. Carmen y entre au bras de son nouvel amant, le torero Escamillo. Commence la corrida. Don José la supplie de partir avec lui. Elle lui rit au nez. Fou de rage, il la blesse mortellement. Cette arène est aujourd’hui considérée comme la cathédrale de la tauromachie.
De l’autre côté du fleuve Guadalquivir dans le quartier autrefois gitan de Triana, Carmen, aguicheuse, suggère à Don José « Pays, quand on aime la bonne friture, on en va manger à Triana, chez Lillas Pastia ». Dans une taverne, autour d’un verre et une tapa, laissez-vous conter comment cette « diable de fille » mène Don José à la « nouvelle carrière » ; « Fais-toi contrebandier. Ne t’ai-je pas promis de te faire pendre ? Cela vaut mieux que d’être fusillé ».
Déjeuner au restaurant.
L’après-midi, visite de l’ancienne Manufacture de Tabac, aujourd’hui siège de l’Université de Séville. A l’époque, plus de quatre cent femmes roulent les cigares dans une grande salle interdite aux hommes. C’est là que se produit la « fatale » rencontre de Don José et Carmen. Dans le premier acte de l’opéra, la habanera « l’amour est un oiseau rebelle » est un chant d’amour rebelle dont la célèbre « si tu ne m’aimes pas, je t’aime ; si je t’aime, prend garde à toi » résume toute l’œuvre.
Sur le chemin du retour, une incontournable visite guidée des Alcazars Royaux bel exemple d'architecture militaire et œuvre capitale de l'art mudéjar en Espagne. Ils furent résidence royale dans le magnifique salon des Ambassadeurs. Ses jardins sont très célèbres à Séville. Puis promenade dans l’ancien quartier juif de Santa Cruz, pittoresque avec ses placettes ornées d’orangers et palmiers, ses maisons et palais et leurs grilles ouvragées qui laissent entrevoir d’intimes patios fleuris. « À travers la grille, j’entendais les castagnettes, le tambour, les rires et les bravos ».
Retour à l’hôtel.
Dîner et nuit à l’hôtel.
J5. Lundi 26 mars. Séville – Ronda
Le matin : visite guidée de Séville avec la Cathédrale, ancienne Grande Mosquée dont il ne reste comme témoins que le Patio de los Naranjos et le minaret plus connu comme La Giralda. Tour panoramique et découverte du Parc Maria Luisa, grands jardins aménagés de pavillon en 1929 pour l’exposition hispano-américaine. Arrêt à la Plaza de España, qui fut le pavillon officiel, pour y admirer ses « azulejos » dédiées aux 48 provinces espagnoles.
Route vers Ronda.
Déjeuner au restaurant (spécialité).
L’après-midi : visite guidée de Ronda. Cette petite ville andalouse est coupée en deux par une immense gorge de 98 mètres de profondeur, le « Tajo ». Visite guidée des élégantes arènes de pierre, les plus anciennes d’Espagne (1785). Son célèbre toréador Pedro Romero fixa les règles de la tauromachie à pied. Dans ces arènes fut tourné le film Carmen de Rossi. Du Pont Neuf, vue plongeante et impressionnante sur la gorge, les maisons suspendues et la vallée de la rivière Guadalevin. Entrée ensuite dans le dédale de ruelles et petits palais aux magnifiques portails de la vieille ville qui rappellent que Ronda fut autrefois capitale d’un Émirat arabe. Visite du Musée des Bandoleros. Le brigandisme ne peut pas se cantonner à une époque déterminée, ni être situé dans certaines régions. Mais c’est aux XVIIIe et XIXe siècle que sont nés les bandits les plus connus et encore remémorés par le peuple andalou. On peut expliquer ce phénomène par la conjoncture générale : les privilèges et la corruption des classes sociales élevées, l’inégale répartition des terres, les abus et injustices, l’appauvrissement des paysans analphabètes, maltraités, sans capacité politique ou sociale, etc. Mais tous le firent pour des raisons personnelles, choisissant de vivre de façon extrême, poussés à un style de justice particulier, sans stratégies définies. Assauts, séquestres, excitation des armes, charme du danger, liberté de la lutte, le défi de vivre qui était aussi un défi à la mort. Le temps a déposé un voile romantique et créé le mythe des bandits, exaltant leur courage, audace, beauté et supposé générosité. Leurs noms sont évocateurs : « Uñas largas », « Pasos largos », « el niño de los diamantes », « el Chorizo », « Tragabuches », « Los niños de Ecija », « El tempranillo ».
Le Don José de Mérimée, devenu hors-la-loi, se rend à Ronda : « la vie de contrebandier me plaisait mieux que la vie de soldat ; je faisais des cadeaux à Carmen. J’avais de l’argent et une maîtresse ».
Installation à l’hôtel.
Dîner et nuit à l’hôtel.
J6. Mardi 27 mars. Ronda / Gibraltar
Ce matin, départ tôt en train à travers les montagnes, gorges et défilés de la Sierra de Ronda pour rejoindre Gibraltar. Tout comme les bandits de l’époque, Don José parcourt avec ses compères la région de Vejer de la Frontera à Estepona, en passant par San Roque, Gaucin, Jimena de la Frontera. Ce n’est pas un hasard. Cette Sierra est sur la route de Gibraltar à Grenade et Madrid. Dans la baie de la colonie anglaise mouillent les navires marchands qui attendent les vents favorables pour passer le détroit. La marchandise est multiple et bigarrée mais le tabac et les étoffes sont les articles les plus recherchés. Les idées, les modes et les nouvelles voyagent aussi avec ces objets. Don José cite : « il y a là force canaille de tous les pays du monde…c’est la tour de Babel… entendre parler autant de langues ». Carmen, la séductrice, y traite souvent les « affaires d’Egypte ». « Dans les expéditions, elle servait d’espion…et de meilleurs il n’y en eut jamais ».
Passage de la frontière pour rejoindre le centre pour un déjeuner à l’anglaise.
L’après-midi, découverte en minibus du rocher de Gibraltar, presqu’île de moins de 6 km² et colonie anglaise en Espagne. Point de départ de l’invasion musulmane par Tarik, ce dernier lui a donné son nom “Djebel Tarik” ou la montagne de Tarik. La Reine Isabelle de Castille incorporera le rocher à la couronne en 1501 et Gibraltar resta sous l’autorité espagnole jusqu’au XVIIIe siècle. Durant la guerre de succession espagnole (1701-1713), s’opposèrent la France, les Autrichiens, la Hollande et l’Angleterre. Le traité d’Utrecht y mit fin et entre autre accords, Gibraltar fut donnée aux Anglais. Malgré diverses tentatives armées, l’Espagne n’a jamais pu récupérer Gibraltar, point stratégique face à l’Afrique et à l’union de 2 mers. Le dictateur Franco ferma la frontière de 1969 à 1985.
Dîner et nuit à l’hôtel à Marbella ou Costa del Sol.
J7. Mercredi 28 mars. Malaga / Marseille
Temps libre avant votre transfert à l’aéroport de Malaga.
Envol à destination de Marseille (avec ou sans escale).
Arrivée à Marseille.